|
| Artdz - Zoom |
A quelques jours de mon départ, ma femme me paraît plutôt inquiète. Elle ne cesse de proposer à ma fille de deux ans de venir dans mes bras.
Des connaissances se montrent étonnées. « Aller à Baghdad, maintenant, c’est prendre des risques inutiles », me dit-on. Des éditeurs orientaux, rencontrés au dernier Salon international de la littérature et du livre de jeunesse à Alger, me déconseillent de prendre part à la rencontre. J’entends mais n’écoute que mon cœur qui, prenant les devants, est déjà là-bas, parmi les poètes et les enfants d’Irak.
Zohra sur la terrasse ou la rencontre de l'Orient avec Matisse
| Artdz - Zoom |
A contre-courant des modes intellectuelles qui, dans une fidélité étriquée à Edward Said, juste pourfendeur du faux orientalisme, mais plus heureux à coup sûr dans ses réflexions sur l'exil, s'ingénient à ne voir dans « Femmes d'Alger dans un appartement » que le reflet de l'idéologie coloniale occidentale, Adelkader Djémaï engage un dialogue étrange et émouvant avec « Monsieur Matisse » auquel il adresse sa lettre.
Bouillon de culture
| Artdz - Zoom |
« Le silence, c'est la mort, et toi, si tu te tais, tu meurs et si tu parles, tu meurs. Alors dis et meurs » -Tahar Djaout
L’histoire récente de l’Algérie est marquée par une suite de secousses violentes dont une des conséquence grave a été la destruction systématique de toute référence au passé.
La mémoire a longtemps été considérée, par tous les pouvoirs en place , comme ces ardoises magiques qu’on efface à volonté et sur lesquelles on réécrit ce que l’on veut.
TLEMCEN Les medersas, de véritables temples de culture
| Artdz - Zoom |
On dit de Tlemcen que c’est une ville d’art et d'histoire, et nul ne peut lui contester ce noble qualificatif, mais la capitale des Zianides est avant tout la capitale des arts et des lettres.
Les dynasties régnantes sur cette cité ont toujours tenu à faire participer à la vie de la cour des savants et des écrivains Ibn Khaldoun et Abdjalil. Les Ténessis en sont de remarquables témoins. C’est ainsi que Tlemcen, la ville des lumières, s’était dotée de cinq medersas.
Bibliothèques, musée, réhabilitations… De grands projets pour Tipaza
| Artdz - Patrimoine |
Le secteur de la culture de ladite wilaya vient de bénéficier d’une enveloppe de 1,62 milliard de dinars dans le cadre du quinquennat 2010 / 2014.
Ce dossier a été discuté mercredi dernier lors de la 2e session ordinaire de l’Apw. Ainsi plusieurs nouvelles infrastructures sont ainsi prévues durant cette importante échéance dont 11 bibliothèques, dont une régionale, un théâtre régional, une salle d’exposition et un musée des arts et traditions populaires. En outre, le musée de Cherchell sera promu en Musée national. Les sites historiques de la localité de Aïn Tagouraït, (ex-Bérard), auront leur propre plan de sauvegarde et de valorisation.
Concert de musique andalouse à Paris
Un somptueux concert a été donné par le groupe El Mawsili à la Basilique Saint Denis à Paris dans le cadre de la manifestation Le Printemps Andalou organisé par l’association Villes des Musiques du Monde ce 18 mai 2010.
Un public massif d’environ 860 personnes, était présent pour goûter aux trésors de la musique classique algérienne que les musiciens d’El Mawsili avec à leur direction, le chef d’orchestre M. Farid Bensarsa ont su restituer avec un très grand talent. Les pièces de ce récital dans lequel, le haut niveau de technicité et de travail des musiciens a été indéniablement magistral, étaient d’une grande beauté et d’un raffinement incontestable.
Témoignage-Naissance de l’exproprié : Le livre aîné
| Les dossiers d'Artdz - Tahar Djaout |
Petite histoire d’un premier roman, paru en Algérie, et qui préfigure un talent, un style et surtout une vision. Incontestablement, l’œuvre majeure de l’écrivain reste son premier roman L’Exproprié, écrit entre 1974 et 1976 ; mais qui n’a été publié qu’en 1981, soit neuf ans plus tard. Œuvre majeure parce que c’était le roman préféré de l’auteur.
Comme il se plaisait à le dire : « C’est mon premier, né la même année que ma première fille. » Il en était fier, d’autant que l’accouchement fut des plus difficiles. En 1981, à la direction de l’édition de la SNED (société étatique d’édition), siégeait une commission de lecture composée pour la majorité d’enseignants de l’université qui rejetaient automatiquement les manuscrits qui n’étaient pas dans la ligne d’une Algérie socialiste qui, à leurs yeux, ne connaissait aucun problème de société et où la mer devait être calme, même en temps de tempête.
Vol au-dessus d’un nid de regrets : Rachid Boudjedra revient dans un roman-confession sur la guerre d’Algérie et fait le récit d’une nation jadis victorieuse mais encore ankylosée par les non-dits.
| Les dossiers d'Artdz - Rachid Boudjedra |
Né en 1941 à Aïn Beida (Algérie), Rachid Boudjedra, arabophone et francophone, auteur d’une vingtaine de livres traduits dans vingt-quatre langues, est l’un des écrivains nobélisables du continent africain. Dans son dernier roman, Les Figuiers de barbarie, il décrypte la liquidation inachevée du colonialisme en Algérie. «C’est le roman d’une vie», assure cet écrivain ancien membre du maquis puis récemment traqué par les islamistes. Agaçant pour les uns, unique et indomptable pour nombre d’observateurs, il réclame une «catharsis» continentale.
Dans un avion reliant Alger à Constantine, deux cousins vont enfin se parler. Ils se souviennent des nuits incandescentes passées entre deux fiévreuses jumelles, se remémorent aussi la place réservée aux figuiers de Barbarie, ces plantes épineuses et fières «sentinelles qui veillaient sur le pays» et sur ses combattants. Tout en évoquant les massacres dans les deux camps, la peur subie dans l’âpreté des combats, ils en arrivent au sujet enfoui et douloureux, celui du rôle de l’oncle Kamel, commissaire à Batna pendant la colonisation. Rachid Boudjedra taille à vif dans les mémoires engourdies et tonne: «En fait, le colonialisme est une maladie chronique. Presque cinquante ans après, cette saloperie continue à faire souffrir beaucoup de monde.»
De Fort-de-France à Blida : Fanon, le psychanalyste du colonialisme
| Les dossiers d'Artdz - Frantz Fanon |
Le 20 juillet dernier, il aurait eu 79 ans, il est mort à 36 ans. Tragique fin prématurée de la remarquable destinée de ce fils adoptif de l’Algérie combattante. L’inlassable avocat des damnés de la terre : Frantz Fanon.
Le fringant jeune homme qui se présente ce matin du 29 novembre 1953 devant M. Boumati, directeur de l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville, vient de loin. Nulle pythonisse, aucun oracle n’aurait prédit à Casimir Fanon, fonctionnaire des Douanes, plutôt aisé, de Fort-de-France que l’un de ses six rejetons, plus précisément le troisième des garçons, celui qui se prénomme Frantz allait un jour embrasser la cause algérienne et devenir une figure hors du commun qui marquerait d’une empreinte profonde l’histoire de la décolonisation et la pensée politique du XXe siècle.
Issiakhem: Le pinceau matraque
| Les dossiers d'Artdz - M'hamed Issiakhem |
J'ai connu Issiakhem avant l'indépendance, il y a trente ans, au bar «le départ» en face du jardin du Luxembourg. Quelques années après j'étais sur le point de terminer le tournage de mon premier court métrage : Conflit. Alors que je lui demandai des conseils, M'hamed m'a dit : «l'essentiel, c'est le départ... comme ce bar qui s'appelle le départ».
Issiakhem est plus qu'un artiste, c'est un ami. Il transforme les gens qu'il rencontre en amis. Pour moi Issiakhem, en tant qu'homme et artiste était le gardien de notre enracinement. Son pinceau était une matraque assénait contre ceux qui voulaient nous déraciner, ce qui explique son art pictural. La femme n'est pas seulement la femme mais la terre, la nation, le peuple, l'histoire. Sa quête nous révèle à travers ses couleurs, ses dessins... que nous sommes à la fois mutilés et vivants. Quand on regarde un tableau d'Issiakhem, même si on est analphabète, on se retrouve placé en situation d'interrogation profonde qui nous pousse à nous réenraciner.
Intervention lors du séminaire du 27/05/2010 à l'EHSS consacré à l'oeuvre de Waciny Laredj
| Artdz - Zoom |
Mon propos tentera d'ébaucher une structure thématique de l'oeuvre de Waciny Laredj à travers quatre romans La Gardienne des Ombres, Marsra, Paris1996, Les Balcons de la Mer du Nord,(tr.fr. de Catherine Charuau) Actes Sud, 2003, le Livre de l'Emir (tr. fr de M.Bois avec la collaboration de l'auteur) Actes Sud, 2005, les Ailes de la reine, (tr.fr. de M.Bois avec la collaboration de l'auteur) Actes Sud, 2009.
Rachid Boudjedra, Les figuiers de Barbarie, Grasset, 2010: Le sang, le sperme et la fange
| Les dossiers d'Artdz - Rachid Boudjedra |
Rachid Boudjedra livre avec ce grand roman sa propre vision du maelström de l'histoire que fut la guerre d'Indépendance. Il convoque tous les auteurs historiques de crimes sanglants et repoussants, dans leur perversité souvent hypocrite: de Bugeaud, le massacreur mais plein d'attention pour ses proches, ou Saint-Arnaud l'enfumeur de populations entières, à Krim Belkacem et Boussouf donnant l'accolade à Abbane Ramdane avant de le garrotter, à Amirouche liquidant des intellectuels, ou Bigeard faisant rendre les hommages à Ben Mhidi avant de le pendre secrètement. Il décrit ces soldats des guerres coloniales, stupides éternels perdants, pataugeant dans la boue des marais ou des oueds, les tortionnaires pleins de morgue parce qu'ils sont plus d'une dizaine à torturer, tabasser, électrifier, mortifier etc.
Algérie 59: Exposition de photos de Vittorugo Contino
| Artdz - Zoom |
60 photos inédites en noir et blanc provenant des archives « Algeria » réalisées par le reporter italien Vittorugo Contino qui en 1959 traversa clandestinement la frontière algéro-tunisienne et rejoignit le front algérien pour réaliser un extraordinaire témoignage historique.
« J’étais conscient que j’allais devenir un des témoins de l’agonie du colonialisme », se souvient le photographe de son arrivée dans les monts de Medjerdah. Des photographies de fellagas, dont se réclame le photographe lui-même, et que la dénomination révolutionnaire a sanctifié du nom de moudjahid. Des scènes de vie dans les casemates, où les simulations militaires côtoient les furtifs tableaux de sympathie du capitaine Ben Salem. Un enfant tout sourire offre sa frimousse à l’objectif de Contino. Le regard du môme enjambe un entrecroisement de fils barbelés.
PATRIMOINE ARCHITECTURAL À GHARDAÏA Devoir de...citoyen
| Artdz - Patrimoine |
La thématique de «La ville, patrimoine vivant», est au centre d’un atelier de formation portant sur la participation citoyenne à la gestion de la ville, organisé dimanche à Ghardaïa. Cet atelier, qui regroupe les acteurs et partenaires locaux de la vallée du M’zab (classée patrimoine universel en 1982 par l’Unesco), est initié dans le cadre du programme Euromed Héritage (IV), financé par l’Union européenne et du projet «Mountada» chargé de la réhabilitation de l’architecture des villes maghrébines, en partenariat avec l’Office de la protection de la vallée du M’zab (Opvm). La rencontre vise à répertorier des thèmes-clés devant servir de plate-forme pour un programme d’action de promotion du patrimoine bâti ancien et du tissu urbain de la vallée du M’zab, selon les explications du directeur de la culture de Ghardaïa, M.Zohir Balalou.
Galerie d’art Mohamed Racim: Mohamed Khadda, l’affichiste
| Les dossiers d'Artdz - Mohamed Khadda |
Le regretté artiste peintre, Mohamed Khadda, était non seulement un accro de peinture, mais également d’affiches. « Khadda, l’affichiste » est le thème de l’exposition qui se tient jusqu’à la fin juin à la galerie Mohamed Racim.
Mohamed Khadda était beaucoup plus connu pour ses peintures que pour ses affiches ; les potentiels intéressés pourront donc aller à la découverte de sa première passion, les affiches. Une série de 36 grandes affiches en couleur se laissent voir avec un réel plaisir. En rentrant dans la galerie, à gauche, le portrait, presque réel, en noir et blanc, du talentueux Mohamed Khadda, orné d’un petit bouquet de fleurettes violettes, est posé sur une table, façon singulière de souhaiter la bienvenue à tout visiteur. Réalisées entre 1962-1988, ces affiches renseignent sur certaines manifestations économiques, culturelles et artistiques qui se sont déroulées un peu partout en Algérie ainsi qu’à l’étranger, notamment en Allemagne et en France.
Châtellerault et son pays: Mériem, une poète inspirée
| Les dossiers d'Artdz - Meriem Terki |
La Châtelleraudaise de quinze ans écrit des poèmes depuis deux ans. Ils seront bientôt publiés. Elle se dit '' discrète '', mais vous risquez de la croiser...
La musique en fond, assise en tailleur sur le tapis du salon, Mériem Terki, quinze ans, cherche l'inspiration. Ecrit ses poèmes. Son calepin et son stylo toujours à portée de main. Depuis deux ans, la lycéenne châtelleraudaise, interne à Poitiers, a sa méthode, ses petits trucs pour coucher les mots sur le papier. Les vers lui viennent avec facilité. A tel point qu'elle a déjà écrit une trentaine de poèmes. « A mon pays », c'était le premier.
"Si je veux me faire connaître,
il faut frapper à toutes les portes!
Festin de mensonges, roman de Amin Zaoui, Fayard, 2007
| Les dossiers d'Artdz - Amin Zaoui |
La littérature est l’essentiel, ou n’est rien. Le Mal – une forme aiguë du Mal—dont elle est l’expression, a pour nous, je le crois, la valeur souveraine. /La littérature et le mal/, de George Bataille, p.9
Le nouveau héros de Amin Zaoui dit avoir lu Bataille. On s’en serait douté. L’éditeur présente /Festin de mensonges/ comme « un récit d’apprentissage d’un genre nouveau, trouble… ». Le jeune héros naît dans une famille où s’affrontent en champ clos, de génération en génération, l’abus de pouvoir et les turpitudes les plus sordides, faisandées par la tromperie et la trahison, celle du père par sa femme puis par son frère et par son fils, de la femme aimée par sa mère et par sa sœur. La grand-mère est une patronne de bordel: le grand-père y est allé chercher sa femme avant de trahir la juive berbère qu’il aimait. Ce tableau qui pourrait bouleverser l’estomac le mieux accroché, est évoqué depuis les refonds d’un esprit, celui du narrateur enfant, qui entremêle propos religieux, pieux, voire même bigot et délire obscène, sans gêne ni embarras.
Extraits- Rachid Boudjedra. Les Figuiers de Barbarie. Roman. Ed. Barzakh. Alger, avril 2010
| Les dossiers d'Artdz - Rachid Boudjedra |
Lui, toujours avec cet air froissé, cette peau chiffonnée, ce teint jaunâtre et ces yeux tellement tristes ! Avec ce visage absent posé sur des costumes de grandes marques, mais jamais de cravate. Des chemises, plutôt à col ouvert, l’été, et des pulls en cachemire l’hiver. Me rappelant cette élégance vestimentaire, ces fameux placards, pendant notre enfance et notre adolescence, qui contenaient une dizaine de costumes luxueux. Et puis, en bas des placards, une dizaine de paires de chaussures italiennes, aux couleurs assorties à celles des costumes, des chemises et des pulls, comme éternellement neuves et dont il émanait une odeur de cuir brut qui me faisait tourner la tête et me laissait jaloux mais surtout étonné devant ce luxe. Ces vêtements venus de là-bas, d’un quelque part fascinant, un monde que l’on connaissait à travers ses journaux, ses livres, ses films d’une façon très vague, mystérieuse et surtout hostile.
Marché de l’art. orientalisme: Cote de Dinet, absence de l’Algérie.
| Les dossiers d'Artdz - Etienne Dinet |
Dans la grande vogue orientaliste qui anime depuis plusieurs années le marché mondial de l’art, les peintures réalisées en Algérie ne sont pas en reste.
Ainsi, les tableaux de Dinet sont arrachés par des collectionneurs et des musées du monde entier, sans que l’Algérie soit présente à ces enchères.Alors que le récent musée Nasreddine Etienne Dinet, créé à Bou Saâda dans la maison du peintre, ne dispose encore que d’une quinzaine d’œuvres, ses tableaux parcourent le monde, signalant leur présence dans les galeries spécialisées, les études de commissaires-priseurs et les grandes maisons de vente aux enchères, telles Sotheby’s ou Drouot.
