Vendredi, 02 Décembre 2011 06:50
Max VEGA-RITTER
Merveilleux récit. Seule, peut-être, une algérienne pouvait décrire la compréhension intime que des femmes peuvent avoir les unes des autres, la tendresse mutuelle qu’elles en tirent les unes pour les autres, et l’ineffable poésie qui, de ce fait, éclaire leur regard sur le monde. Comme aussi la douleur poignante, qui pénètre le cœur telle une lame, à la disparition d’une mère, grand-mère, aïeule chérie à chaque instant. La phrase, sensible, nerveuse et juste de Fadela M’Rabet introduit le lecteur dans le secret d’une maison ruisselant de bonheur et d’affection. On l'imagine dominant le port de Skikda : « les portes en étaient toujours ouvertes les enfants y circulaient continuellement, en toute liberté, du second étage au balcon ou au jardin » . Elle baignait dans des ondes invisibles et bienfaisantes, paradis habité par les moineaux qui viendront, plus tard, faire un cortège joyeux, impertinent et obstiné à la figure maternelle portée en terre dans son linceul.
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Lundi, 07 Novembre 2011 08:31
Max VEGA-RITTER
La vie quotidienne peut être dépourvue de romanesque. Elle peut aussi en déborder. Un auteur, psychanalyste de profession, traquait récemment les secrets de la vie de son père, qui les avait tus ou en avait couvert les traces, par un instinct naturel ou par choix, ou les deux . Ce faisant cet auteur avait probablement marqué une mutation de cultures dans le passage d'une génération à l'autre. Le père d'Ali Magoudi avait manifesté une sorte de réserve naturelle, une volonté de se fondre dans le tableau de son époque, bien dans la manière des foules d'immigrants modestes, instinctivement, presque viscéralement méfiants à l'égard des signes et des lieux d'identification, souvent dangereux aux migrants et aux nomades.
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Mardi, 01 Novembre 2011 20:03
Max VEGA-RITTER
«Un môme sans passé. Je n’appartiens à aucune terre….je ne descends d’aucune lignée…je dérive le long des impostures.» p.10 dit de lui-même le plus jeune des quatre principaux protagonistes du roman. Il est né du viol d’une prostituée par son père qui est peut-être son frère. Le jeune homme, lui-même condamné par les assises, sera interné pour démence après avoir assassiné une jeune arabe. Vingt ans après le viol.
Un récit inspiré. Violent. Qui projette une histoire intervenue dans les années 80 et les années 50, pendant la colonisation et après l’indépendance, en Algérie et en France, entre des protagonistes algériens ou franco-algériens, on ne sait trop, la confusion est maintenue sans doute à dessein tandis que la scène se déplace constamment d’Alger à Paris. Comme pour souligner les liens qui unissent toujours.
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Lundi, 10 Octobre 2011 05:16
Max VEGA-RITTER
Voici un récit qui devrait allumer l'appetit de beaucoup de lecteurs des deux rives de la Méditerranée, mais pas seulement, car l’auteure est une voyageuse dont le goût raffiné est nourri de cultures diverses, d’histoire et d’expérience personnelle, de Paris à Strasbourg ou Vienne, à Samarkande et Boukhara, de Constantine à Tlemcem, Alger ou Meknès.
Les amateurs d’esthétisme pur s’égareraient dans ce petit volume, encore qu'ils y cueilleront quelques moments délicieux, car l’auteur a un œil perçant et infaillible pour détecter les jouissances frelatées de mépris ou de condescendance pour les femmes ou les hommes de peu. A vrai dire, avec Le café de l'imam, il s’agit aussi ou presqu'autant, de mémoires d’action politique et militante pour la liberté des femmes et des hommes et contre les corruptions qui nourrissent les oppressions et les abus de pouvoirs.
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