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La princesse Zouina Benhalla m’a demandé de préfacer
son nouveau recueil de poèmes, et j’accepte cet honneur avec enthousiasme : Cela
me donne la chance d’exprimer en public mon admiration pour elle, à la fois
comme femme et comme poète.
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En vérité, pourquoi séparer les deux?
Zouina est une des rares personnes chez qui la vie
et le travail ne font qu’un.
Elle a crée une unité
subtile à partir d'éléments
divers : son enfance
privilégiée dans l'Afrique
du Nord, ses succès comme
actrice et poète en France,
sa vie actuelle Ă Londres,
son mariage avec mon
meilleur ami et collègue
travaillant avec moi Ă la
B.B.C, Basil Hope Gibsone,
lui-même écrivain
remarquable.
L’œuvre de Zouina est née de cette diversité géographique pour ainsi
dire, mais sa fertilité
prend source aux contrastes
féconds de l'Orient et de
l’Occident qui bataillent en
elle.
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Tout cela aurait pu être destructif, mais Zouina a trouvé
le moyen de résoudre ses conflits –La
compassion en est la clef. Avec son aide
elle a ouvert les barrières
artificielles des races, des croyances
et des conventions, pour découvrir
derrière la simplicité de l’humanité
–qui vit, qui lutte, qui aime, qui
souffre…
Le style de la poésie de Zouina reflète ses sympathies.
Elle est simple et franche, approchant
parfois l’apparemment naïf. Mais comme
l’a dit le distingué critique
britannique Sir Neville Cardus : «
Une certaine naïveté est nécessaire
comme base d’une civilisation ».
Toutefois, au besoin, Zouina ne se
montre pas du tout naĂŻve; elle voit
clair dans le vif de la question, pour
l’exposer, quelque brutal ou laid qu’il
soit, à la lumière pénétrante de la
vérité. Et de nos jours, alors que l’on
déguise ses propres déceptions, quel
adoucissement cela représente de
rencontrer quelqu’un qui ne s’inquiète
que de la vérité.
En intitulant son œuvre : "Je cherche la vérité",
Zouina ne fait que déclarer, avec une
honnête simplicité, la force motrice de
tous ses actes.
Dans ce livre, aussi bien que dans son premier volume : " Accords
et Visions", on ne trouve que la
passion brutale et le réalisme sincère
du vingtième siècle en même temps que la
beauté et la musique des plus grands
poètes symbolistes français.
Mon unique regret, en louant ces poèmes, est de penser que
le lecteur ne pourra pas entendre Zouina,
elle-même, leur donnant vie. C’est une
interprète douée d’un grand talent, dont
les qualités en ce domaine ont été,
ainsi que ses poèmes, trop longtemps
méconnus. L’une des expériences les plus
émouvantes dont je me souvienne au
théâtre fut son interprétation de
"Tam-Tam Amoureux", accompagnée
par un batteur brillant et sensible. Le
rythme qu’ils créaient, déchaînait la
rage dans le sang, comme ce rythme
essentiel qui nous donne nos impulsions
au cours de la vie.
Imaginez donc, en lisant ce volume, cette vibrante et belle
voix faite pour exprimer le cœur humain
– "Ecoutez !"
Zouina semble nous dire "Voici une
âme vivante – Un miracle vivant – et
pourtant combien fragile ! Vous pouvez
le détruire si vous le voulez, il ne
faut pas pour cela une bombe Ă
hydrogène. Tout ce qu’il faut, c’est la
mauvaise fois ou le sourire figé de
l'orthodoxie. Mais ne le faites pas. Au
nom de l’Etre Suprême, créateur et
conservateur de l’Univers (peu importe
comment on le nomme : Jéhovah, Allah,
Dieu), au nom de l’humanité, je vous en
supplie, ne le faites pas !"
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