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    Ils l’ont chanté…
    Par A
    ziz Fares
    ArtDz, Montréal, le 13 avril 2007.


Ils l’ont chanté si bien ce pays du soleil. Ils l’ont aimé d’un amour passionné, séduits par un charme discret . Ils lui ont tout donné, leurs émois, leur tendresse et se sont abandonnés dans les plus folles espérances. Ils sont là, solitaires, gardiens de la mémoire, naufragés, égarés sur des toiles froissées. Et ils continuent, sans relâche, à veiller , épuisés mais debout.

Qu’est ce qui fascine tant en Algérie ?


La nature, d’abord,  et ses lieux magnifiques. Les fleurs qui poussent partout, sans effort, dans les moindres recoins. Les pâquerettes, coquettes, se donnent avec volupté, dans un tourbillon de couleurs, aux papillons fragiles, insatiables. Les coquelicots piquent un fard dans un jeu subtil et les lilas répondent aux clameurs d'une glycine généreuse. La mer, lovée dans des criques secrètes, danse paisiblement et nous entraîne dans une farandole joyeuse sur des vagues tranquilles, apprivoisées, rassurantes.


Les vieilles villes s’endorment, dignes, nobles, imprenables, impassibles, et se réveillent lentement pour entendre chanter, encore, le muezzin si doux.

« Allah ou Akbar » ! un appel, un rappel, constant, pour éveiller nos cÅ“urs. Et l'éclat se fait doux comme le chant d’une mère.

Qu’est ce qui fascine tant en Algérie ?

Les ruelles mystérieuses, les marchands de bonheur, les savetiers savants, les vieillards érudits, les oiseaux qui pépient, le Coran psalmodié dans un élan sincère.

La terre nourricière, les oranges sucrées, les pastèques obèses, le couscous rituel.
Ils l’ont chanté, ce pays du soleil. Ils l’ont aimé à en souffrir, à en pleurer. A en rire à gorge déployée offerte en sacrifice.

Qu’est ce qui fascine tant en Algérie ?


Les gens, humbles, mesurés, honnêtes, dont la légende s’est emparée. Hommes libres, Hommes bleus, Hommes fiers, Hommes.
Et ces Femmes si belles, si fortes, si proches, prévenantes qui nous ont tout appris. A marcher, à parler, à manger, à dormir, à prier, à aimer, à respecter, à vivre .

Les montagnes dressent leurs aiguilles mais se prélassent vite sur les Hauts Plateaux  quand le thé est servi et où les tendres agneaux s’offrent un thym bénéfique.

Les figues, « tibercicine », « el bakour », de barbarie, « akkarmous », fond fondre de plaisir. Biskra. Une halte s’impose et c’est la « chekhchoukha » qui excite nos sens. Akbou. Et c’est « tikourbabine ». « La H’rira », à Tlemcen, c’est plus qu’une tradition ; c’est une obligation comme les « kaaks » à l’anis, secs et croquants pour qui l’on craque. A Constantine, « rfiss » nous provoque et se dispute nos faveurs face à ses concurrents ;  « Tlitli », « Trida » et… « chbeh sseffra !!! »

Ghardaia, pudique, se blottit à l’ombre d’un minaret. Bou Saada nous fait frissonner de Bonheur et nous accueille aux portes du désert.
Un désert vivant d’où s’échappe une complainte, langoureuse, immuable, venue d’un autre temps.

D’est en ouest, du nord au sud, les musiques dialoguent dans des noubas magiques. Les accents se confondent et le « oud » puissant fait délicatement la cour à la fragile mandole.

Les mosquées se purifient, les églises carillonnent, les synagogues s’embrasent dans les chants familiers.

Toutes les langues se délient, pour ne plus faire qu’une ; les cÅ“urs sont déjà pris et d ‘autres sont en attente.

Les « chèches » se déroulent et les « djebbas » révèlent des douceurs espérées.


Qu’est ce qui fascine tant en Algérie ?

Qui n’a pas été envoûté, annihilé, par cette incantation qui résonne sans cesse en nous comme un chant sacré.

Ils l’ont chanté…



 


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Maggie Nicols
Hughes de Courson



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