Roman du retour au pays natal, Pays d'aucun mal est le récit onirique d'une plongée dans les origines d'une existence, individuelle et collective, dans le tohu-bohu de forces qui s'affrontent dans l'esprit d'un enfant, d'un homme, d'une famille ou d'une descendance, d'une parentèle ou de tout un peuple, les Amnar. Au centre, il y a l'attraction puissante exercée par la personne d'un grand-père sur son petit-fils : ils portent le même nom. On ne sait pas s'ils ne se confondent pas dans une sorte d'indistinction. La confusion et le vague, la brume qui flotte sur les montagnes se sont ici répandues dans le discours du narrateur pour en constituer la trame insaisissable. L'un des traits du talent de l'auteur est créer un brouillard, une sorte de nuée, où l'esprit du lecteur perd ses repères et se meut dans l'indistinct .




Un roman écrit en français, avec des personnages qui ne connaissent pas le français et où l'on respire pourtant à plein poumon l'odeur du terroir algérien. L'auteur mêle étroitement une langue populaire crue et pauvre, une sorte d'à peu-près ou de flou des sensations ou des pensées et des fulgurances de l'émotion ou de l'action. Il tord la syntaxe ou l'usage pour lui donner un air étrange, méconnaissable, avec, comme une réminiscence du Camus de La Chute, ce narrateur qui interpelle son interlocuteur, peut-être le lecteur lui-même, avec de fausses questions.







