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Haciane Mustapha, Une éducation algéroise, Encre d’Orient, 2010: De l’hédonisme en période tragique

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Un roman comme on aimerait en lire davantage, avec une l’intrigue qui coule comme une rivière, peuplée de personnages, garçons ou filles, hauts en couleur, jamais totalement méchants ni gentils, dans des circonstances dramatiques ou tragiques, où se déchaînent des forces brutales, des événements déplorables et tragiques, mais aussi avec des moments de bonheur, d’humour et de comédie.

Le narrateur est d’abord un enfant dans une Algérie alors française où d’authentiques amitiés prospèrent entre voisins pieds-noirs et arabes ou berbères, dans des quartiers populaires, qui ne sont pas riches, certes, mais où l’on vit commodément  en travaillant, certes, dur. L’école ou le lycée y dispensent leur savoir à des élèves de différentes origines avec leurs antagonismes, leur petit lot d’humiliations infligées plus ou moins inconsciemment mais aussi  leur fraternisation.

Qu’on n’attende pas outre mesure du narrateur. D’ailleurs il échoue au bac et se contentera d’un emploi dans une imprimerie d’Alger comme aide-comptable et pour finir comptable après l’indépendance. C’est un témoin, gentil, trop modeste pour faire défaut à sa mère veuve et s’engager dans la guerre d’indépendance même s’il a choisi son camp. C’est monsieur tout le monde, avec du cœur, même au moment où celui-ci fera défaut à beaucoup au milieu des fureurs de l’OAS.

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Mohamed Benchicou Le mensonge de Dieu, éditions Michallon, 2011 : Une vaste fresque, d'un lyrisme inspiré mais sobre.

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Mohamed Benchicou est un journaliste engagé, bien connu pour ses combats au service de la liberté d'information. C'est aussi un écrivain de talent. Il livre avec Le mensonge de Dieu une vaste fresque romanesque, portée par un souffle lyrique inspiré mais cependant sobre et contenu. En outre, fait remarquable, elle est animée par des personnages, tous d'origine modeste, tous simples et proches, qui se succèdent à travers une période de près de cente quarante ans, depuis la révolte des Mokrani jusqu'à 2007.

Ces femmes et ces hommes sont saisis dans les aventures humaines qui ont pu traverser l'Algérie mais aussi le Maghreb par le Maroc. Sont ainsi évoqués Abdelkrim et la guerre de résistance marocaine du Rif, la colonisation espagnole, l'émigration à la recherche de travail, l'enrôlement dans la guerre de 14-18, à travers des rencontres et des métissages humains franco-hispano-mauresques qui ont mêlés les sangs de ces populations. Ce vaste tableau englobe aussi les aventures anti-fascistes, anti-nazies et républicaines de la guerre civile d'Espagne, la deuxième guerre mondiale, la libération de Paris par la division Leclerc et sa brigade espagnole tardivement reconnue, l'épopée de la traversée du Rhin, la prise de Strasbourg, l'entrée en Allemagne de la première armée française . Vient enfin le triste épisode de la révolte et du massacre de Sétif le 8 mai 1945.Tout cela est ponctué de coups de projecteur sur le présent proche, avant que ne vienne la dernière étape du roman consacré aux années post-indépendance jusqu'en 2007.

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La générosité et l'expérience intime de l'inhumaine violence: Yasmina Khadra, L'équation africaine, Julliard, 2011

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Yasmina Khadra, L'équation africaineMohammed Moulesshoul, alias Yasmina Khadra, est un soldat né. Du soldat il a la connaissance, née de l'expérience intime, de la violence de la guerre, de sa fureur et de son ivresse, de sa terreur et de son abjection, de ses grondements terrifiants et de son silence glaçant. Il les vit de l'intérieur de son crane et dans son ventre. Il sait ce que c'est que des tripes qui se vident et un corps qui se dissout d'épouvante, mais aussi le sursaut qui jaillit des mêmes confins où l'animal et l'humain se cohabitent.

D'autant que ce soldat n'a rien d'un matamore pas plus que d'un intellectuel complexé et coupable. On le soupçonne d'être né avec l'âme combattante endurcie, fière et enfiévrée, de vibrer d'ardeur à l'odeur de la poudre ou au moment de l'affrontement avec l'ennemi, face à face avec lui. Ces choses ne s'inventent pas, ne s'imaginent pas, elles se vivent sur le terrain l'arme qui tue à la main ou braquée sur lui. Il y a chez ses héros une alacrité au combat qui ne trompe pas. C'est bien cette nature de soldat, en lui, que les milieux intellectuels parisiens lui ont reprochés et devant laquelle ils ont fait les dégoûtés.

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Nassira Belloula, La revanche de May, Pleine Lune, 2010: La voix tendre et tragique de femmes d'Algérie

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De Tefeschoun-Marine aux villages de la montagne kabyle de Tifren et de Taksebt jusqu'à Alger et ses enfants errant; de 1982 à 1958 en pleines violences de l'insurrection ou au contraire de 1946, au lendemain de la deuxième guerre mondiale, à 1994 au milieu des années inhumaines du terrorisme islamùiste; de 1947 aux années coloniales de 1930 ou au quasi contemporain 1998,le roman de Nassira Belloula transporte le lecteur à travers l'espace et le temps de l'Algérie profonde, dans un tohu-bohu de rapprochements et de télescopages saisissants.La basilique de Notre Dame d'Afrique et le cardinal Lavigerie, le couvent des Carmélites avant leur départ d'Algérie, y trouvent même place comme des fantômes vivants d'un passé qui n'est pas rageusement renié.

Dès la première page, le récit chante la plainte des filles nubiles ou des jeunes femmes, aimées et abandonnées, humiliées ou violées, en fuite loin des leurs pour préserver leur intimité ou leur enfant quand celui-ci ne leur a pas été ôté. Les enfants et les hommes sont à leur tour à la recherche de leur passé brisé, de leurs origines enfouies, de leur mère ou de leur père refoulés ou écartés..

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Coup de coeur

Voir le blog de la poètesse Renia Aouadene

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