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M'hamed Issiakhem

La deuxième mort de M’hamed Issiakhem ?

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Le Musée d’art moderne d’Alger  (Mama) organise,  jusqu’au 31 janvier 2011, une grande rétrospective consacrée au peintre M’hamed Issiakhem. Que reste-t-il de l’héritage pictural de celui qui est considéré comme le père de la peinture moderne algérienne ? Eléments de réponse avec les «beaux-aristes».

A l’Ecole supérieure des beaux-arts, celui que  Kateb Yacine surnommait «l’œil de lynx» ne représente plus grand-chose. Tout juste certains étudiants lui reconnaissent une stature d’icône mais sans plus, alors que d’autres ignorent jusqu’à son existence, à l’image de Haddad et Yacine, deux étudiants de première année «On ne sait pas qui c’est, affirment-ils. Tous ces peintres du début sont un peu oubliés aujourd’hui. Avant de venir aux beaux-arts, on n’avait jamais vu un tableau de notre vie. On a d’abord fait des études d’urbanisme avant de décider de changer de filière et de venir ici. Il a d’ailleurs fallu qu’on aille en excursion à Bou Saâda pour  découvrir Dinet. C’est vrai qu’on manque de culture.» Celui qui a exprimé la douleur comme nul autre dans ses tableaux est cantonné au rôle de père de la peinture moderne algérienne.

 

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25e ANNIVERSAIRE DE LA DISPARITION DE M’HAMED ISSIAKHEM Hommage à l’un des fondateurs de l’art moderne en Algérie

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«Un pays sans peintres, sans poètes et sans culture est un pays mort», disait M’hamed Issiakhem. La personnalité de l’homme, de l’artiste pourrait être résumée dans cette courte, mais néanmoins éloquente, phrase.

Le temps passe si vite ! Un quart de siècle est passé depuis la disparition de M’hamed Issiakhem. En cette occasion, le Musée national d’art moderne et contemporain d’Alger (Mama) et le commissariat du Festival international de l’art contemporain (FIAC) organisent un hommage au grand artiste peintre. Ainsi, une exposition d’œuvres d’Issiakhem se tiendra du 1er décembre 2010 au 31 janvier 2011 à la galerie du Mama. Les tableaux de cette expo proviennent de collections publiques et privées. Au programme de cet hommage figure, également, une table ronde de deux jours autour d’Issiakhem, son œuvre et son parcours. Les participants à cette rencontre se pencheront également sur les thèmes de «l’art contemporain et les artistes des pays émergents ».

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Un pilier de la culture moderne algérienne

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Avec une exubérance esthétique peu commune et une expression allégorique d’une pertinence affirmée, M’hamed Issiakhem a inauguré l’âge pictural algérien. Un art sorti d’abord des profondeurs de la culture nationale avant qu’il ait à intégrer les sensibilités et les canons académiques des écoles de peinture. Au moment où des pans entiers de la mémoire et de l’être algériens étaient menacés par une stupide scotomisation et une méchante entreprise de mutilation, Issiakhem nous invitait à nous regarder dans notre propre miroir en faisant passer en filigrane l’image et la voix des ancêtres.

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Issiakhem: Le pinceau matraque

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J'ai connu Issiakhem avant l'indépendance, il y a trente ans, au bar «le départ» en face du jardin du Luxembourg. Quelques années après j'étais sur le point de terminer le tournage de mon premier court métrage : Conflit. Alors que je lui demandai des conseils, M'hamed m'a dit : «l'essentiel, c'est le départ... comme ce bar qui s'appelle le départ».

Issiakhem est plus qu'un artiste, c'est un ami. Il transforme les gens qu'il rencontre en amis. Pour moi Issiakhem, en tant qu'homme et artiste était le gardien de notre enracinement. Son pinceau était une matraque assénait contre ceux qui voulaient nous déraciner, ce qui explique son art pictural. La femme n'est pas seulement la femme mais la terre, la nation, le peuple, l'histoire. Sa quête nous révèle à travers ses couleurs, ses dessins... que nous sommes à la fois mutilés et vivants. Quand on regarde un tableau d'Issiakhem, même si on est analphabète, on se retrouve placé en situation d'interrogation profonde qui nous pousse à nous réenraciner.

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25e anniversaire de la mort d’Issiakhem : Un pilier de la culture moderne algérienne

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Avec une exubérance esthétique peu commune et une expression allégorique d’une pertinence affirmée, M’hamed Issiakhem a inauguré l’âge pictural algérien. Un art sorti d’abord des profondeurs de la culture nationale avant qu’il ait à intégrer les sensibilités et les canons académiques des écoles de peinture. Au moment où des pans entiers de la mémoire et de l’être algériens étaient menacés par une stupide scotomisation et une méchante entreprise de mutilation, Issiakhem nous invitait à nous regarder dans notre propre miroir en faisant passer en filigrane l’image et la voix des ancêtres.

Toute l’œuvre de notre artiste nous interpelle pour proscrire la haine de soi et le complexe de l’étranger, paradis pathologiquement magnifié jusqu’au pinacle de l’absurde vécu ces dernières années dans l’aventure ‘’harraga’’. Il s’agit, en fait, d’aller à une salvatrice redécouverte de soi, chemin vers lequel Mammeri, les Amrouche, Aït Menguellet et tant d’autres militants de la culture ont tracé le chemin.   Issiakhem, dans un domaine particulier et nouveau par rapport aux traditionnels outils de l’expression culturelle connus dans notre pays, a montré la voie de l’universalité qui passe nécessairement par l’authenticité. L’homme universel est, comme en donna l’image Mammeri, cet individu qui a d’abord une place dans le microcosme local et qui, par l’expression des valeurs humaines les plus enfouies en chacun de nous, arrive à toucher l’Homme là où il se trouve.

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Djamila Kabla, coordinatrice du fonds Issiakhem à Algérie News-Week : Nous voulons rendre l'oeuvre d'Issiakhem accessible à tous.

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L'intérêt des Algériens pour l'artiste et son influence dans différents domaines reste vif, que ce soit en matière artistique, ou pour son humanisme.

  • Algérie News-Week : Pouvez vous présenter le fonds Issiakhem ?

Djamila Kabla : Le Fonds Issiakhem renferme des documents, des témoignages et dons d'artistes permettant de découvrir et d'approfondir l'œuvre d'Issiakhem. Ce Fonds initié par des volontaires, héritiers, famille, amis de l'artiste, artistes et public, assurera une base de données au profit des étudiants et chercheurs ainsi qu'aux écoles des Beaux Arts, afin de faciliter la tâche à tous ceux qui veulent faire de la recherche sur l'artiste et son œuvre. Pour ce qui me concerne, je dois vous dire que je fais partie des bénévoles. Ma mission est de coordonner ce fonds au mieux avec l'aval des héritiers Issiakhem. Nous serons vigilants quant à son dispatching.

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Issiakhem-Projet de fondation : Au-delà du temps

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Né le 17 juin 1928, il aurait eu 81 ans la semaine dernière, d’où cet appel à la mémoire du grand artiste. Loin de s’être assoupis depuis la rencontre au village de Taboudoucht en juin 2008, nous poursuivons le travail initié lors de cet événement avec un objectif jamais contrarié : réunir les citoyens et artistes autour des valeurs incarnées par la vie et l’œuvre de M’hamed Issiakhem (et de bien d’autres fondateurs de l’art moderne algérien).

Taboudoucht se voulait une étape initiale, la condition nécessaire pour aller plus loin. Il s’agissait de convoquer les admirateurs et les artistes pour savoir si l’art pouvait encore mobiliser et, au fond, affirmer tout haut que le pays n’est pas mort.

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Issiakhem aux beaux-arts : Comment naît un artiste ?

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Lundi prochain, des témoignages inédits sur les premières années du maître. Al’initiative du Fonds Issiakhem, coordonnée par Mme Kabla Djamila Isssiakhem, des héritiers du grand peintre, M’hamed Junior et Younès, l’Ecole supérieure des Beaux-arts d’Alger, accueillera une rencontre sur l’enfance et l’adolescence de M’hamed Issiakhem qui en sortit diplômé en 1951, avant de poursuivre ses études à celle de Paris.

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FESTIVITÉS ORGANISÉES EN L’HONNEUR DU GRAND PEINTRE : M’hamed Issiakhem, le rassembleur

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Treize années après sa mort, l’artiste peintre M’hamed Issiakhem a réussi une toile de maître. Son hameau natal, comme effleuré par la virtuosité de son pinceau, était coloré par la venue de nombreux artistes algériens, une fresque d’une cinquantaine de photographes et de peintres de renom qui ont consenti à raconter leur passion d’un art où la création esthétique relève d’une interprétation ésotérique pour la foule venue nombreuse pour la circonstance.

Rassembler les artistes, une volonté affichée par ses activités d’alors en tant que membre fondateur de l’Unap et membre du groupe des 35, et surtout les réconcilier en allant à la rencontre de l’Algérie profonde, étaient la clé de voûte de la vie d’Issiakhem. Incontestablement, en l’espace de deux jours, son vœu a été concrétisé grâce à la complicité de l’APC, de ses amis, de sa famille et d’une coordination de sept associations.

Le week-end dernier, la peinture était à l’honneur au lycée des Aghribs, 50 km à l’est de Tizi Ouzou, où pendant deux journées la population s’est mêlée aux nombreux étudiants venus de différentes écoles des beaux-arts, d’Oran, de Mostaganem, d’Alger et d’Azazga, mais aussi approcher des artistes dont la notoriété dépasse nos frontières. D’abord pour contempler leurs différentes expositions ensuite pour les écouter parler de peinture et enfin pour voir éclater leurs coups de crayon à l’intérieur des ateliers qui leur ont été spécialement aménagés ou en réalisant des fresques sur les murs de l’établissement.

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Issiakhem : Œil de lynx

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J’ai connu Issiakhem en 1951, en France, avec le cinéaste Armand Gatti. On a bu ensemble dès le premier jour, et alors que je venais à peine de le connaître, il tenait absolument à ce que je parte avec lui en Oranie, chez sa famille, à Relizane. Et depuis, on était pratiquement tout le temps ensemble. On a lié une amitié sans bornes, parce qu'il nous arrivait souvent de boire ensemble des nuits entières, d'innombrables nuits blanches, et même, parfois, le jour et la nuit. Et naturellement, nous parlions beaucoup.

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