Le romancier Rachid Boudjedra estime qu’il ne peut pas donner de réponses sur l’histoire dans ses écrits littéraires. Il avoue ne pas aimer la littérature de Yasmina Khadra.
Rachid Boudjedra présente son dernière roman "Les figuiers de Barbarie" : « Je refuse de mélanger l’art et l’idéologie »
Le romancier Rachid Boudjedra estime qu’il ne peut pas donner de réponses sur l’histoire dans ses écrits littéraires. Il avoue ne pas aimer la littérature de Yasmina Khadra. Rachid Boudjedra, Les figuiers de Barbarie, Grasset, 2010: Le sang, le sperme et la fangeRachid Boudjedra livre avec ce grand roman sa propre vision du maelström de l'histoire que fut la guerre d'Indépendance. Il convoque tous les auteurs historiques de crimes sanglants et repoussants, dans leur perversité souvent hypocrite: de Bugeaud, le massacreur mais plein d'attention pour ses proches, ou Saint-Arnaud l'enfumeur de populations entières, à Krim Belkacem et Boussouf donnant l'accolade à Abbane Ramdane avant de le garrotter, à Amirouche liquidant des intellectuels, ou Bigeard faisant rendre les hommages à Ben Mhidi avant de le pendre secrètement. Il décrit ces soldats des guerres coloniales, stupides éternels perdants, pataugeant dans la boue des marais ou des oueds, les tortionnaires pleins de morgue parce qu'ils sont plus d'une dizaine à torturer, tabasser, électrifier, mortifier etc. Vol au-dessus d’un nid de regrets : Rachid Boudjedra revient dans un roman-confession sur la guerre d’Algérie et fait le récit d’une nation jadis victorieuse mais encore ankylosée par les non-dits.
Dans un avion reliant Alger à Constantine, deux cousins vont enfin se parler. Ils se souviennent des nuits incandescentes passées entre deux fiévreuses jumelles, se remémorent aussi la place réservée aux figuiers de Barbarie, ces plantes épineuses et fières «sentinelles qui veillaient sur le pays» et sur ses combattants. Tout en évoquant les massacres dans les deux camps, la peur subie dans l’âpreté des combats, ils en arrivent au sujet enfoui et douloureux, celui du rôle de l’oncle Kamel, commissaire à Batna pendant la colonisation. Rachid Boudjedra taille à vif dans les mémoires engourdies et tonne: «En fait, le colonialisme est une maladie chronique. Presque cinquante ans après, cette saloperie continue à faire souffrir beaucoup de monde.» Extraits- Rachid Boudjedra. Les Figuiers de Barbarie. Roman. Ed. Barzakh. Alger, avril 2010
"La répudiation" de Rachid Boudjedra- Extrait audio
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