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PostHeaderIcon Rachid Boudjedra présente son dernière roman "Les figuiers de Barbarie" : « Je refuse de mélanger l’art et l’idéologie »

Les dossiers d'Artdz - Rachid Boudjedra

Le romancier Rachid Boudjedra estime qu’il ne peut pas donner de réponses sur l’histoire dans ses écrits littéraires. Il avoue ne pas aimer la littérature de Yasmina Khadra.

Rachid Boudjedra refuse d’« idéologiser » l’histoire. Dans son dernier roman, Les Figuiers de Barbarie, qui vient de paraître en Algérie aux éditions Barzakh, après sa publication en France par les éditions Grasset, il se pose des questions sur l’assassinat de Abane Ramdane, sur les massacres de Melouza et sur l’opération « Bleuite », qui avait piégé le colonel Amirouche en 1958. « Je ne peux pas donner de réponses dans un roman, car cela reviendrait à trahir le système romanesque. Un roman doit bégayer. Nous n’avons pas le discours absolu », a-t-il expliqué lors d’un débat, lundi soir, à l’espace Noun à Alger. « Lorsque les historiens algériens feront leur deuil, ils écriront l’histoire comme cela été fait dans les pays qui ont connu la guerre. A eux d’apporter les réponses scientifiques et objectives », a-t-il ajouté.

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PostHeaderIcon Rachid Boudjedra, Les figuiers de Barbarie, Grasset, 2010: Le sang, le sperme et la fange

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Rachid Boudjedra livre avec ce grand roman sa propre vision du maelström de l'histoire que fut la guerre d'Indépendance. Il convoque tous les auteurs historiques de crimes sanglants et repoussants, dans leur perversité souvent hypocrite: de Bugeaud, le massacreur mais plein d'attention pour ses proches,  ou Saint-Arnaud l'enfumeur de populations entières, à  Krim Belkacem et Boussouf donnant l'accolade à Abbane Ramdane avant de le garrotter, à Amirouche liquidant des intellectuels, ou Bigeard faisant rendre les hommages à Ben Mhidi avant de le pendre secrètement. Il décrit ces soldats des guerres coloniales, stupides éternels perdants, pataugeant dans la boue des marais ou des oueds, les tortionnaires pleins de morgue parce qu'ils sont plus d'une dizaine à torturer, tabasser, électrifier, mortifier etc.

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PostHeaderIcon Vol au-dessus d’un nid de regrets : Rachid Boudjedra revient dans un roman-confession sur la guerre d’Algérie et fait le récit d’une nation jadis victorieuse mais encore ankylosée par les non-dits.

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Né en 1941 à Aïn Beida (Algérie), Rachid Boudjedra, arabophone et francophone, auteur d’une vingtaine de livres traduits dans vingt-quatre langues, est l’un des écrivains nobélisables du continent africain. Dans son dernier roman, Les Figuiers de barbarie, il décrypte la liquidation inachevée du colonialisme en Algérie. «C’est le roman d’une vie», assure cet écrivain ancien membre du maquis puis récemment traqué par les islamistes. Agaçant pour les uns, unique et indomptable pour nombre d’observateurs, il réclame une «catharsis» continentale.

Dans un avion reliant Alger à Constantine, deux cousins vont enfin se parler. Ils se souviennent des nuits incandescentes passées entre deux fiévreuses jumelles, se remémorent aussi la place réservée aux figuiers de Barbarie, ces plantes épineuses et fières «sentinelles qui veillaient sur le pays» et sur ses combattants. Tout en évoquant les massacres dans les deux camps, la peur subie dans l’âpreté des combats, ils en arrivent au sujet enfoui et douloureux, celui du rôle de l’oncle Kamel, commissaire à Batna pendant la colonisation. Rachid Boudjedra taille à vif dans les mémoires engourdies et tonne: «En fait, le colonialisme est une maladie chronique. Presque cinquante ans après, cette saloperie continue à faire souffrir beaucoup de monde.»

Lire l'entretien réalisé par Eugène Ebodé

 

PostHeaderIcon Extraits- Rachid Boudjedra. Les Figuiers de Barbarie. Roman. Ed. Barzakh. Alger, avril 2010

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Lui, toujours avec cet air froissé, cette peau chiffonnée, ce teint jaunâtre et ces yeux tellement tristes ! Avec ce visage absent posé sur des costumes de grandes marques, mais jamais de cravate. Des chemises, plutôt à col ouvert, l’été, et des pulls en cachemire l’hiver. Me rappelant cette élégance vestimentaire, ces fameux placards, pendant notre enfance et notre adolescence, qui contenaient une dizaine de costumes luxueux. Et puis, en bas des placards, une dizaine de paires de chaussures italiennes, aux couleurs assorties à celles des costumes, des chemises et des pulls, comme éternellement neuves et dont il émanait une odeur de cuir brut qui me faisait tourner la tête et me laissait jaloux mais surtout étonné devant ce luxe. Ces vêtements venus de là-bas, d’un quelque part fascinant, un monde que l’on connaissait à travers ses journaux, ses livres, ses films d’une façon très vague, mystérieuse et surtout hostile.

Lire l'extrait de"Les Figuiers de Barbarie".

 

PostHeaderIcon "La répudiation" de Rachid Boudjedra- Extrait audio

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Premier anniversaire
de la Librairie - Galerie Espace Noun
Le 04 janvier 2007

Ecoutez l'extrait audio de "La répudiation".