Un terrain vague à la périphérie d’une ville avec pour seul décor que la mer et une décharge publique. Tel est le décor du dernier roman de Yasmina Khadra.
Ach le Borgne et son protégé Junior le Simplet sont les héros d’une fresque haute en couleur. Avec eux vivent une ribambelle de paumés en tous genres : Mama la Fantomatique flanquée de son Mimosa, Haroun le Sourd, le Pacha et sa bande de poivrots qui ne dessaoulent pas, Pipo, Négus, Clovis, Bliss, les frères Djouz, Aït Cétéra, Dib etc… Cette une communauté forme un microcosme à l’écart de la ville, on a envie de dire à l’exclusion de la ville, et vit sur elle-même. Ils s’appellent les « Horr », les « clodos qui se respectent », c’est à dire des hommes libres. Libres de ne pas aller faire les poubelles des riches, dans la ville qui représente la pire des choses pour ces clochards. Libres de ne pas dépendre de la société. Libres de se passer du confort matériel. Libres de se saouler autant qu’ils le veulent.
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«Alerter les consciences anticolonialistes pour interdire une ouverture littéraire, n’est-ce pas le comble de la démesure?» s’interroge, indigné, l’auteur de Ce que le jour doit à la nuit.
Le directeur du Centre culturel algérien à Paris, Yasmina Khadra, donne ici son avis sur la tentative de faire échouer l’arrivée de la caravane de la célébration du 50e anniversaire de la disparition d’Albert Camus en Algérie. Caravane approuvée par notre écrivain de mérite et que certains esprits obtus tentent, par une pétition qui n’a d’écho que le bout de leur nez, d’empêcher de se produire en Algérie. Un geste qui va à l’encontre de l’action intellectuelle qui veut qu’un débat même contradictoire se doit d’être, sans lequel une véritable démocratie n’a plus raison d’exister. Des intellectuels, dites-vous? Notre homme, fidèle à ses idéaux justes, répond à ses détracteurs.
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Yasmina Khadra est passé à l'émission du samedi soir de Fr2, de Laurent Ruquier. Avec un art bien rodé de la muflerie poussée au comble de la grossièreté bon chic non genre, l'animateur de l'émission a distillé la lecture de quelques maigres passages du dernier roman de Yasmina Khadra, entre des éructations et autres borborygmes de Joeystar accueillis avec un respect de bon ton, et des propos vides d'intérêt de telle ou telle personnalité médiatique, reçus avec empressement ou considération polie . L'auteur algérien a été relégué à la dernière minute de l'émission. Entretemps, le clou véritable avait été le passage sur le grill de la Ministre des Beaux Quartiers, par ailleurs fossoyeuse de l'Université et de la Recherche, accessoirement du recrutement des enseignants.
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Voici un roman qui fera grincer bien des dents et jaser bien des langues sur les rives de la Méditerranée. Sous couvert d’évoquer le monde des clodos, l’auteur ne se prive pas de déchirer à belles dents ou à coups de serpettes endiablés le monde des rapports virils les plus sacrosaints, ceux de père à fils ou de maître à disciple, de patron à subordonné ou de grand chef à lieutenant, voire lèche-cul et autre porte-flingue dont la vie politique ou celle de l’entreprise nous offre le spectacle cocasse ou peu reluisant selon l’ humeur du moment et de chacun.
Certes l’auteur a choisi de définir soigneusement le lieu des ébats réjouissants ou non, selon les goûts, de ses personnages. Il s’agit d’un rivage mythique où échouent les épaves poussées par les flots ou les courants, pas seulement de la mer ou de l’océan. En marge de la société établie des êtres humains y reconstituent un monde autre, croient-ils du moins, où ils se sentent libres. Interdiction, alors, d’aller voir dans celui qu’ils honnissent et rejettent, ce qui s’y passe.
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